À l’occasion de la 111e session de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), tenue du 7 au 10 avril 2025 à Yaoundé (Cameroun), la République Démocratique du Congo, brillamment représentée par Mme Monga Numbi Mimy, Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC), a actionné la Diplomatie agricole africaine portant haut les aspirations de son pays face aux enjeux mondiaux de la filière cacao.
Venue de Kinshasa, Mme la Directrice Générale de l’ONAPAC a exprimé la determination de la RD Congo à rétablir sa souveraineté économique et la dignité de ses producteurs. Ce discours fort axé sur une vision claire que Mimy Monga a imprimée depuis son événement à la tête de l’ONAPAC, trouve sa justification dans le redéploiement agricole congolais. En effet, l’ONAPAC s’est imposé ces dernières années comme un véritable levier de la relance agricole en République Démocratique du Congo, partant de son engagement à structurer durablement la filière cacao, et plaidant pour une meilleure rémunération des producteurs locaux.
En outre, étant chargé de la régulation, du suivi et de la valorisation des produits agricoles stratégiques, dont le cacao, l’ONAPAC entend renforcer sa capacité de contrôle face aux exportations frauduleuses et répondre aux exigences croissantes du marché international, notamment celles de l’Union européenne, en matière de traçabilité et de durabilité.
Du haut de la prestigieuse tribune de l’ICCO, ragaillardie par une aura qui bouscule les lignes diplomatiques traditionnelles des pays africains producteurs du cacao, la DG de l’ONAPAC a exposé les défis de la filière cacao en RDC: fraude, insécurité, fuite incontrôlée des productions,… débouchant sur un appel pressant à la solidarité des pays africains concernés par la question.« Il est temps que justice soit fait à nos cacaoculteurs », a-t-elle déclaré, soulignant que la RDC, bien que prête à se conformer aux normes de l’Union européenne, ne saurait continuer à perdre sa richesse agricole sans contrepartie. « Trop de produits quittent le territoire sans contrôle, au détriment de notre économie et de nos populations», a-t-elle martelé . Et de poursuivre : « Je représente la République Démocratique du Congo en tant que Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC). La tenue de cette 111è session de l’Organisation Internationale du Cacao est un moment fort, symbolisant l’unité entre les pays producteurs et les pays consommateurs, tant africains qu’au-delà du continent. Notre principale attente aujourd’hui est de voir comment la République Démocratique du Congo peut sortir de l’hémorragie économique cau-
sée par la fraude massive et l’insécurité, qui contribuent à appauvrir les cacaoculteurs. Nous espérons que ces assises permettront de mettre en place des mécanismes de rémunération plus juste pour nos producteurs. Par ailleurs, la RDC se déclare prête à se conformer aux exigences de l’Union européenne. Bien entendu, en tant que membre de l’ICCO, nous avons des obligations, mais nous avons également des attentes légitimes. Nous souhaitons que notre pays soit rétabli dans ses droits», peut-on noter.
Loin d’un plaidoyer défensif, son intervention s’est révélée offensive, articulée et stratégiquement construite. Cette posture offensive, empreinte de finesse diplomatique, confirme le rôle pivot que joue désormais la RDC dans les négociations internationales agricoles. Dans un univers encore largement dominé par les voix masculines, la dirigeante congolaise impose une présence qui force l’admiration. Charismatique, éloquente, elle conjugue maîtrise des enjeux et engagement de terrain. Son leadership est salué aussi bien dans les couloirs de la conférence que dans les cercles diplomatiques. Forte, connectée aux réalités rurales, mais aussi stratège et à l’aise sur la scène internationale, elle redéfinit les contours de la gouvernance au feminin.
À Yaoundé, le message de Kinshasa, par la bouche de Mme Mimy Monga a été
entendu. Et dans les jours à venir, il pourrait bien résonner au-delà des murs feutrés de la conférence pour atteindre les décideurs, les partenaires techniques, et surtout, les cacaoculteurs de la RDC qui espèrent enfin voir leurs efforts récompensés.
Badinews